C’est ce que suggère une étude majeure sur la semaine de travail de quatre jours, titre un article publié sur Fortune en 2023.
De quelle étude parlons-nous ?
Il s’agit de deux études réalisées par 4 Day Week – Global, une ONG internationale, qui fît des essais de passage à la semaine de quatre jours sur un panel d’entreprises aux Etats-Unis, au Canada et au Royaume-Uni en 2023.
Depuis lors, cette ONG a conduit des essais dans d’autres pays, comme le Portugal, l’Irlande ou l’Allemagne pour ne citer que l’Europe.
Ces études étant toutes disponibles sur le site web de cette ONG, je me suis concentré sur les analyses de productivité; et je reste perplexe à propos de l’analyse comparative de la productivité avant et après le passage à la semaine à quatre jours. Les chiffres illustrent des augmentations de productivité bien que les auteurs admettent manquer de données et réalisent des extrapolations pour établir un lien entre le passage à quatre jours et le gain de productivité.
Objectivement, rien ne permet de façon indiscutable de faire un lien entre le passage à quatre jours et la productivité.
On s’aperçoit aussi que les modalités d’application des quatre jours sont très différentes d’une entreprise à l’autre, certaines supprimant des congés payés pour compenser le cinquième jour non travaillé, d’autres imposant au collaborateur d’être disponible le jour non travaillé, et enfin certaines rallongeant la durée de travail des quatre jours pour compenser le cinquième non travaillé.
On comprend bien qu’entre l’analyse comparative de productivité et l’implémentation des quatres jours déplaçant les heures non travaillées, tout ceci questionne sur la conclusion qui dit qu’un salarié n’est pas productif l’équivalent d’un jour de la semaine.
Je salue le travail de 4 Day Week Global qui a l’honnêteté de partager les résultats de ses études sans filtre, cependant la nature “juge et partie” entre les études et l’ONG jette une ombre sur certaines conclusions; une étude menée par une ONG promouvant la semaine de quatre jours présentera des résultats qui ne contrediront pas sa raison d’être, ses donateurs et les entreprises volontaires pour passer à quatre jours.
Quid de la France ?
Un essai est déjà en place, le site web de l’ONG lance des appels à candidatures d’entreprises, et les parlementaires se sont emparés du sujet avec un Rapport d’Information (numéro 460), déposé par les députés MM. François GERNIGON et Stéphane Viry.
Je conclus en reprenant la remarque de Pierre Lindmark, CEO de Winningtemp, dans l’article de Fortune, qui déclarait “Comme tout changement, il convient à certains et en aliène d’autres, et la réalité peut être que la structure ne convient pas à tous les employés ou modèles commerciaux (…) La vérité, c’est que la semaine de quatre jours ne convient pas à tout le monde.”
Soyez votre propre fact checker.
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